La France apporte son soutien à la Tunisie dans sa volonté de réviser l’accord d’association avec l’Union européenne (UE), afin de parvenir à un partenariat plus équilibré et mieux adapté aux nouvelles réalités économiques. Cette position a été exprimée par le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, lors d’un entretien téléphonique avec son homologue tunisien, Mohamed Ali Nafti, mercredi 4 novembre 2026.
Selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères, les deux responsables ont passé en revue les différents volets de la coopération entre Tunis et Paris, ainsi que les prochaines échéances bilatérales et multilatérales. Jean-Noël Barrot a notamment confirmé le soutien de la France à la révision des dispositions de l’accord d’association entre la Tunisie et l’UE et à son développement, dans le sens d’un partenariat plus juste, tenant compte des mutations économiques actuelles.
Cette position rejoint une revendication régulièrement défendue par les autorités tunisiennes, qui souhaitent revoir les conditions de leur partenariat avec Bruxelles, notamment pour mieux prendre en considération les intérêts économiques nationaux. Signé en 1995 et entré en vigueur en 1998, l’accord d’association a notamment instauré progressivement une zone de libre-échange entre les deux parties, avec le démantèlement des droits de douane sur les produits industriels.
Le précédent du mémorandum de 2023
La question du rééquilibrage des relations entre Tunis et Bruxelles intervient également dans un contexte marqué par les controverses autour du mémorandum d’entente signé le 16 juillet 2023 entre la Tunisie et l’Union européenne.
Présenté comme un partenariat stratégique et global, ce mémorandum repose sur cinq axes : la stabilité macroéconomique, les relations économiques et commerciales, la transition énergétique, les contacts entre les populations et la migration. Il prévoyait notamment une aide européenne de 105 millions d’euros consacrée à la coopération migratoire, ainsi qu’une enveloppe de 150 millions d’euros d’appui budgétaire direct et une proposition de soutien macroéconomique pouvant atteindre 900 millions d’euros.
L’accord avait toutefois suscité de vives critiques au Parlement européen, notamment en raison de la place accordée à la gestion migratoire et des garanties relatives au respect des droits humains. En septembre 2023, les autorités tunisiennes avaient également refusé l’entrée sur leur territoire à une délégation de la commission des Affaires étrangères du Parlement européen, provoquant de nouvelles tensions institutionnelles.
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En octobre 2024, la Médiatrice européenne avait, par ailleurs, épinglé la Commission européenne pour le manque de transparence entourant la conclusion de cet accord et l’absence d’évaluation indépendante préalable des risques pour les droits fondamentaux liés à sa mise en œuvre.
Dans ce contexte, la volonté tunisienne de revoir les termes de son partenariat européen porte aussi sur la nécessité de mieux équilibrer les dimensions économiques, commerciales et politiques de cette coopération.
Les relations économiques tuniso-françaises également évoquées
Au cours de leur entretien, Mohamed Ali Nafti et Jean-Noël Barrot ont également salué le niveau des investissements conjoints et privés, les échanges commerciaux ainsi que les flux touristiques entre les deux pays.
Le ministre tunisien a, de son côté, souligné le rôle de la communauté et des compétences tunisiennes établies en France dans les domaines économique, social et culturel.
Les deux responsables ont enfin insisté sur la nécessité de poursuivre le développement de la coopération bilatérale sur la base du respect mutuel, de la souveraineté et des intérêts communs.