Le ministre des Domaines de l’État et des Affaires foncières, Wajdi Hedhili, a annoncé le limogeage d’un fonctionnaire qui avait volontairement versé de l’eau sur un appareil de pointage biométrique afin de le mettre hors service. Cette affaire, évoquée lors d’une séance parlementaire, intervient dans un contexte de renforcement du contrôle de la présence des agents publics au sein de l’administration tunisienne.
Selon le ministre, l’agent concerné a délibérément endommagé le dispositif utilisé pour enregistrer les heures d’arrivée et de départ des employés. Une pratique qui, au-delà de l’acte de dégradation du matériel administratif, illustre les résistances rencontrées par certaines administrations dans l’application des mécanismes de contrôle du temps de travail.
Augmentation du nombre de congés de maladie
Wajdi Hedhili a également fait état d’une augmentation du nombre de congés de maladie depuis l’introduction du système de pointage biométrique. Sans avancer de statistiques précises ni établir de lien médical entre les deux phénomènes, le ministre a critiqué certaines pratiques qu’il considère comme des tentatives de contourner l’obligation de justifier sa présence au travail.
Lire aussi : Tunisie : 32.557 recrutements prévus en 2027, l’Éducation en tête
Cette situation a conduit le responsable gouvernemental à soulever la nécessité de mettre en place un cadre législatif mieux adapté à l’organisation et au contrôle des congés de maladie. L’objectif serait notamment de mieux encadrer les procédures, tout en évitant que les absences pour raisons médicales ne deviennent un moyen de se soustraire aux obligations professionnelles.
L’introduction du pointage biométrique s’inscrit dans une démarche plus large de modernisation de l’administration publique, avec pour objectif de renforcer la discipline, d’améliorer le suivi des horaires et de limiter les absences injustifiées. Le recours à l’empreinte digitale permet en principe d’assurer une identification individuelle des agents et de réduire les possibilités de fraude liées aux systèmes classiques de pointage.
L’efficacité dépend aussi de leur application
Toutefois, l’efficacité de ces dispositifs dépend aussi de leur application, de la maintenance des équipements et de l’existence de procédures disciplinaires adaptées. L’affaire rapportée par le ministre pose ainsi la question de la capacité de l’administration à faire respecter les règles de présence, mais également celle de l’équilibre entre le contrôle des agents publics et la protection de leurs droits, notamment en matière de santé et de congés médicaux.