La Tunisie entend faire de 2027 une étape charnière de sa transition numérique. Au-delà de la dématérialisation des démarches administratives, le ministère des Technologies de la communication mise sur l’intelligence artificielle, la souveraineté numérique et le développement des infrastructures pour soutenir la compétitivité économique et améliorer la productivité.
La stratégie numérique tunisienne devrait franchir une nouvelle étape en 2027. Présentant les orientations de son département dans le cadre de l’examen du projet de budget de l’État pour l’année prochaine, le ministre des Technologies de la communication, Sofiane Hemissi, a annoncé vendredi 6 novembre une accélération des réformes structurelles et la poursuite des projets nationaux stratégiques.
L’objectif affiché est de faire de la transition numérique un levier de réforme administrative et économique, tout en améliorant les services destinés aux citoyens et aux entreprises. Cette orientation s’inscrit dans la continuité des travaux engagés en 2026, année consacrée notamment au renforcement de la numérisation des services les plus demandés et au lancement de projets structurants.
L’IA et la souveraineté numérique au cœur de la stratégie
Pour 2027, le ministère entend aller plus loin en élargissant l’utilisation des solutions numériques à différents secteurs économiques et administratifs. Il s’agit notamment de réduire les délais de traitement, de simplifier les procédures et d’améliorer la coordination entre les structures publiques. Le numérique est ainsi appelé à dépasser son rôle de simple outil de modernisation administrative pour contribuer à l’amélioration du climat des affaires et de la productivité.
La stratégie ministérielle s’appuie sur quatre axes complémentaires. Le premier concerne la digitalisation globale des services publics, avec la poursuite du développement des prestations accessibles à distance et la priorité accordée aux démarches répondant aux besoins quotidiens des citoyens et des entreprises.
Le deuxième axe porte sur le renforcement de la souveraineté numérique et le développement des usages de l’intelligence artificielle. Le ministère entend notamment favoriser la maîtrise des ressources et des systèmes numériques nationaux, soutenir l’innovation et exploiter les possibilités offertes par l’IA dans l’administration et les entreprises.
L’analyse des données, l’automatisation de certaines procédures et l’amélioration des mécanismes de prise de décision figurent parmi les applications envisagées. Le développement de ces usages devra toutefois s’accompagner du respect des exigences liées à la protection des données personnelles et à la sécurité informatique.
Le troisième axe concerne les infrastructures numériques, considérées comme le socle nécessaire à l’extension des services et des usages technologiques. Le quatrième vise l’adaptation du cadre juridique et réglementaire aux mutations de l’économie numérique, afin de soutenir l’investissement, l’innovation et la confiance dans les transactions électroniques.
Une stratégie inscrite dans le plan de développement 2026-2030
Ces orientations s’inscrivent dans le plan de développement 2026-2030, qui accorde une place centrale à la transformation numérique et à l’intelligence artificielle dans la modernisation de l’administration et la réforme économique.
Le ministère entend ainsi favoriser une intégration plus large des technologies dans les processus de développement, avec l’ambition d’améliorer les performances des secteurs économiques et la capacité des entreprises à s’adapter aux mutations technologiques internationales.
Cette évolution suppose également de renforcer les moyens techniques et organisationnels de l’administration, de développer les échanges de données entre les structures publiques et de simplifier les parcours administratifs.
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