De nouvelles augmentations salariales entreront en vigueur à partir du 1er janvier 2027 en Tunisie, dans les secteurs public et privé. Programmées dans le cadre de la loi de finances 2026, ces revalorisations constituent la deuxième étape d’un dispositif étalé sur trois ans, jusqu’en 2028. Selon les catégories professionnelles, les augmentations atteindront 120 dinars brut par mois dans la fonction publique et les établissements publics, tandis que les salariés du privé bénéficieront notamment d’une revalorisation de 5%.
Le principe et le calendrier de ces augmentations, ont déjà été fixés par la loi de finances 2026, puis précisés par plusieurs décrets présidentiels publiés au Journal officiel de la République tunisienne le 30 avril 2026.
Le dispositif concerne les agents de l’État, des collectivités locales, des établissements et entreprises publics, les salariés du secteur privé ainsi que différentes catégories de retraités. Les montants et les modalités d’application varient toutefois selon les statuts et les régimes professionnels.
Jusqu’à 120 dinars dans la fonction publique
Pour les agents de l’État, des collectivités locales et des établissements publics à caractère administratif, les augmentations prévues au 1er janvier 2027 sont réparties selon les catégories professionnelles.
Les agents de la sous-catégorie A1 bénéficieront d’une augmentation mensuelle brute de 120 dinars. Pour les sous-catégories A2 et A3 ainsi que la catégorie B, la revalorisation atteindra 105 dinars, contre 100 dinars lors de la première tranche de 2026.
Les agents des catégories C et D bénéficieront, quant à eux, d’une augmentation de 90 dinars par mois.
Le même principe de répartition s’applique aux agents des entreprises et établissements publics : 120 dinars pour les cadres, 105 dinars pour les agents de maîtrise et 90 dinars pour les agents d’exécution.
Les magistrats de l’ordre judiciaire, du Tribunal administratif et de la Cour des comptes sont également concernés par un dispositif spécifique prévoyant une augmentation de 120 dinars par an sur la période 2026-2028.
Ces montants correspondent aux augmentations brutes prévues par les textes réglementaires. Le montant effectivement perçu sera donc inférieur après déduction des cotisations sociales et, selon les situations, de l’impôt sur le revenu.
Secteur privé : une hausse de 5% et un nouveau SMIG
Dans le secteur privé, les modalités sont différentes. Les augmentations prévues pour 2027 reposent notamment sur une revalorisation de 5% des salaires de base et des indemnités de transport et de présence dans les secteurs non agricoles couverts par des conventions collectives.
Pour les entreprises qui ne sont pas couvertes par des conventions collectives, le dispositif prévoit également une hausse de 5%, avec des montants qui varient selon les catégories professionnelles. Selon les précisions apportées par l’expert en protection sociale Bader Smaoui, les augmentations devraient se situer entre 38 et 73 dinars.
Le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) sera également revalorisé de 5% à partir de janvier 2027.
Pour le régime de 48 heures hebdomadaires, il passera à 582,400 dinars par mois, soit une augmentation d’environ 28 dinars. Pour le régime de 40 heures, le nouveau montant sera de 493,764 dinars, représentant une hausse d’environ 23 dinars.
Dans le secteur agricole, le salaire minimum agricole garanti (SMAG) sera porté à 22,400 dinars par jour, contre 21,336 dinars actuellement.
Les retraités également concernés
Les revalorisations prévues en 2027 auront aussi des répercussions sur les pensions de retraite, selon les régimes auxquels sont affiliés les bénéficiaires.
Pour les retraités relevant de la Caisse nationale de retraite et de prévoyance sociale (CNRPS), l’augmentation sera calculée en fonction de celle accordée aux agents en activité, en tenant compte du taux de départ à la retraite.
Pour les retraités de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), une revalorisation de 5% est également prévue dans le cadre du relèvement du salaire minimum.
D’autres catégories bénéficiant de prestations liées au SMIG ou au SMAG seront également concernées par les mécanismes de revalorisation, notamment certains travailleurs des chantiers, les cadres religieux concernés et les bénéficiaires de prestations relevant de la Fondation Fida.
Une deuxième étape avant la dernière tranche de 2028
Les augmentations de janvier 2027 s’inscrivent dans un programme triennal qui prévoit une troisième tranche à partir du 1er janvier 2028. Les revalorisations doivent ainsi se poursuivre selon les montants et les modalités fixés par les textes réglementaires.
Pour les agents publics, les cadres de la catégorie A1 et les cadres des établissements publics conserveront une augmentation de 120 dinars par mois en 2028. Les agents de maîtrise concernés bénéficieront de 105 dinars, tandis que les agents d’exécution et les catégories C et D resteront à 90 dinars.
Dans le privé, le dispositif prévoit également la poursuite des revalorisations annuelles, notamment à travers les augmentations de 5% prévues par les textes applicables.
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