Les accidents de la route diminuent en Tunisie, mais ils font davantage de victimes mortelles. Au 29 octobre 2026, le pays comptabilisait 4102 accidents, soit une baisse de 9,95% par rapport à la même période de 2025. Pourtant, le nombre de décès a atteint 1141, en hausse de 13,19%, selon les dernières statistiques de l’Observatoire national de la sécurité routière (ONSR).
133 morts supplémentaires en un an
Les chiffres de l’ONSR font apparaître un contraste marqué entre l’évolution des accidents et celle de leur gravité. Alors que le nombre d’accidents a reculé de près de 10%, celui des blessés a également diminué de 12,13%, pour s’établir à 5293 personnes.
En revanche, 1141 personnes ont perdu la vie sur les routes tunisiennes depuis le début de l’année, contre 1008 à la même date en 2025. Cela représente 133 décès supplémentaires en un an.
Depuis le précédent bilan arrêté au 8 octobre, le nombre de morts a encore augmenté de 82, tandis que la progression annuelle de la mortalité est passée de 11,71% à 13,19%.
La vitesse parmi les principales causes de mortalité
La ventilation des accidents selon leurs causes met notamment en évidence le poids de la vitesse. Celle-ci est associée à 410 décès, ce qui en fait un facteur majeur de la mortalité routière en Tunisie.
Ces données soulignent un paradoxe préoccupant : la diminution du nombre d’accidents ne se traduit pas par une amélioration de la sécurité des usagers. La gravité des accidents demeure un enjeu majeur, alors même que leur fréquence recule.
Les statistiques publiées par l’ONSR sont provisoires et arrêtées au 29 octobre 2026. Elles dressent néanmoins un constat préoccupant à l’approche de la fin de l’année : les routes tunisiennes enregistrent moins d’accidents, mais davantage de morts.
Un objectif de réduction de 50 % des victimes d’ici à 2034
Cette hausse de la mortalité routière intervient alors que la Tunisie s’est fixé des objectifs ambitieux dans le cadre de sa stratégie nationale multisectorielle de sécurité routière 2025-2034. Celle-ci prévoit de réduire de 10% le nombre de morts et de blessés graves à l’horizon 2027, de 25% en 2030 et de 50% en 2034.
Pour y parvenir, le programme prévoit notamment le déploiement de caméras et de radars intelligents pour automatiser le contrôle des infractions, l’amélioration des infrastructures, le renforcement de la sécurité des usagers et des secours, ainsi que la révision de certaines réglementations relatives aux véhicules.
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