La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière près le Tribunal de première instance de Tunis a condamné, jeudi 29 octobre 2026, Riad Ben Fadhl, coordinateur général du parti Al Qotb, à vingt ans de prison. Dix-huit autres prévenus poursuivis dans la même affaire ont écopé de neuf ans d’emprisonnement chacun. Le dossier porte sur des soupçons de blanchiment d’argent et de corruption financière et administrative liés à la gestion et à l’acquisition de biens confisqués après la révolution.
Le jugement a été rendu en première instance, selon les informations publiées par plusieurs médias, vendredi 30 octobre. La majorité des dix-huit autres prévenus comparaissaient libres dans le cadre de cette affaire.
Près de trois ans de détention
L’affaire remonte à novembre 2023. Riad Ben Fadhl avait été arrêté le 14 novembre à son retour de l’étranger, à l’aéroport de Tunis-Carthage. Dix jours plus tard, le juge d’instruction du Pôle judiciaire économique et financier avait émis un mandat de dépôt à son encontre.
Depuis, sa détention s’est prolongée au fil des audiences et des reports successifs. Le 12 octobre 2026, la chambre criminelle avait encore rejeté les demandes de remise en liberté présentées pour lui et plusieurs autres prévenus, avant de fixer une nouvelle audience au 29 octobre.
Au cœur des investigations figuraient les conditions d’acquisition de biens confisqués après la chute du régime de Ben Ali. La défense avait notamment soutenu que les opérations concernées avaient été réalisées dans le cadre de procédures officielles d’adjudication et d’appels d’offres, affirmant que les offres présentées respectaient les règles applicables.
Une précédente condamnation annulée en appel
Le parcours judiciaire de Riad Ben Fadhl avait également été marqué par une autre affaire, distincte de celle des biens confisqués.
Le 30 mai 2024, il avait été condamné en première instance à quatre ans et six mois de prison, assortis d’une amende de deux millions de dinars, dans un dossier portant sur des infractions douanières et financières. Les faits concernaient notamment des opérations d’exportation, l’ouverture de comptes bancaires à l’étranger dans des conditions jugées irrégulières et le non-rapatriement de recettes d’exportation.
Cette condamnation avait toutefois été annulée en appel le 22 avril 2025, après la régularisation de sa situation financière auprès des autorités concernées et la présentation de justificatifs de règlement des dettes et contentieux en cause.
Cette décision n’avait pas entraîné sa libération, sa détention se poursuivant dans le cadre de l’affaire relative aux biens confisqués, qui vient désormais de donner lieu à une condamnation à vingt ans de prison en première instance.
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