Le président de la République, Kaïs Saïed, a remis le projet de liaison permanente entre Djerba et le continent au centre des discussions sur les infrastructures. Lors d’une rencontre avec le ministre de l’Équipement et de l’Habitat, Salah Zouari, le 2 novembre 2026, il a évoqué la réalisation d’un pont destiné à remplacer les solutions actuelles de traversée, notamment les bacs de l’Ajim et la chaussée romaine.
Ce projet vise à réduire les difficultés de déplacement des habitants et des visiteurs de l’île, régulièrement confrontés aux attentes et aux contraintes du transport maritime.
Un pont de 2,4 kilomètres pour remplacer les bacs
Le projet concerne la construction d’un pont entre Ajim, dans le sud-ouest de Djerba, et El Jorf, sur le continent, au niveau de la route régionale RR116. La traversée envisagée s’étend sur environ 2,4 kilomètres et s’accompagne d’aménagements routiers sur l’île.
Selon les études présentées en octobre 2023, le coût du projet avait été estimé entre 900 millions et un milliard de dinars, pour une durée de réalisation de trois ans et demi. Ces estimations restent celles de l’étude et ne constituent pas un budget actualisé pour les travaux.
Le projet prévoit également un viaduc de type pont-caisson en béton précontraint, conçu pour franchir la mer en tenant compte des contraintes du site. Les études techniques, économiques, financières et environnementales ont été menées dans le cadre d’une mission confiée à SCET-Tunisie, avec un financement de l’Agence française de développement.
La liaison permanente doit notamment réduire la dépendance aux bacs entre Ajim et El Jorf. Selon la fiche de l’Instance générale de partenariat public-privé, le service assure en moyenne 132 traversées quotidiennes dans les deux sens, transportant environ 13 500 passagers et 2 500 véhicules.
Un projet toujours programmé, sans calendrier de travaux confirmé
Le pont de Djerba est envisagé depuis plusieurs années comme un projet structurant pour le tourisme et l’économie de l’île. Il doit faciliter les déplacements des habitants, des visiteurs et des marchandises, tout en améliorant les conditions de circulation et la sécurité.
En février 2025, l’Instance générale de partenariat public-privé avait encore présenté le projet comme une opération programmée dans le cadre d’un partenariat entre les secteurs public et privé. La mobilisation de financements et le choix du montage de réalisation restent donc des enjeux majeurs.
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Lors de sa rencontre du 2 novembre 2026, Kaïs Saïed a insisté sur la nécessité de mettre fin aux difficultés quotidiennes des voyageurs et d’accélérer les projets d’infrastructure. Il a également appelé à revoir les règles encadrant les marchés publics, afin de réduire les délais de réalisation et de lutter contre les dépassements et les pratiques de corruption.
Si le pont d’Ajim-El Jorf constitue une réponse attendue aux problèmes de mobilité de Djerba, son lancement effectif dépend encore de la concrétisation des étapes administratives, financières et techniques. Le projet est ainsi de nouveau évoqué au plus haut niveau de l’État, sans qu’un calendrier précis de démarrage des travaux ait été annoncé.