Le bras de fer entre la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) et les pharmaciens d’officine se poursuit. Dans un communiqué publié vendredi 6 novembre 2026, le Syndicat des pharmaciens d’officine de Tunisie (SPOT) rappelle que la convention sectorielle prévoit un délai de paiement de 14 jours ouvrables pour les prestations réalisées dans le cadre du tiers payant. Cette mise au point intervient alors que le ministère des Affaires sociales a annoncé la suspension des versements aux pharmacies jusqu’à la reprise de ce dispositif.
Le SPOT s’appuie notamment sur l’article 40 de la convention sectorielle conclue entre la CNAM et les pharmaciens d’officine. Celui-ci prévoit que le règlement intervient dans un délai de 14 jours ouvrables à compter de la réception du décompte transmis par le pharmacien, par virement bancaire ou postal. Le syndicat entend ainsi rappeler les engagements contractuels de la caisse, alors que les paiements accusent des retards importants.
Des démarches engagées depuis septembre
Selon le SPOT, des contacts ont été entrepris avec les autorités depuis septembre afin d’obtenir le règlement des sommes dues aux pharmacies. Le syndicat évoque des promesses verbales de paiement, des correspondances adressées aux ministères concernés le 19 octobre ainsi que plusieurs réunions. Ces démarches n’auraient toutefois débouché sur aucune solution concrète.
La situation s’est tendue après la décision des pharmaciens privés de suspendre le tiers payant à partir du 1er novembre. Le 5 novembre, le ministre des Affaires sociales, Issam Lahmar, a indiqué que les versements aux pharmacies seraient suspendus jusqu’à la reprise de ce mécanisme. Cette position a suscité des réactions dans la profession, notamment de la part du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, qui a exprimé ses inquiétudes face à une mesure susceptible d’aggraver les difficultés du secteur.
Des impayés qui fragilisent les officines
L’ampleur des difficultés financières avait déjà été évoquée en juillet 2026 devant l’Assemblée des représentants du peuple. Les arriérés de la CNAM envers les pharmacies étaient alors estimés à plus de 180 millions de dinars, avec des retards de paiement pouvant atteindre six mois. À cette date, environ 300 pharmacies sur près de 2000 conventionnées avaient déjà suspendu le tiers payant.
À la fin du mois d’octobre, le syndicat faisait également état de difficultés croissantes d’approvisionnement et de règlement des grossistes-répartiteurs. Selon les informations rapportées à cette période, près de 300 pharmacies sur un parc d’environ 2500 officines rencontraient des difficultés pour honorer leurs engagements auprès de leurs fournisseurs, avec des délais de paiement de l’ordre de 90 à 100 jours.
Au-delà du différend entre la CNAM et les professionnels, la suspension du tiers payant risque de peser directement sur les assurés sociaux, qui peuvent être contraints d’avancer le coût de leurs médicaments avant d’en demander le remboursement. Le désaccord porte désormais autant sur le règlement des dettes accumulées que sur les conditions de reprise d’un dispositif qui permet à des millions d’assurés d’accéder aux médicaments sans en avancer immédiatement le prix.
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