La Russie représente un nouveau débouché commercial pour les producteurs et transformateurs tunisiens de concentré de tomates. La demande y progresse notamment pour les produits destinés à l’industrie agroalimentaire et à la restauration, en particulier les sauces pour pizzas. Une opportunité pour une filière tunisienne qui dispose déjà d’une capacité industrielle importante, mais dont la production reste essentiellement destinée au marché local.
Selon Amira Jwaidi, directrice du bureau du Centre de promotion des exportations (Cepex) à Moscou, les produits tunisiens à base de tomates suscitent un intérêt croissant auprès des industriels et des professionnels de la restauration russes. Elle s’exprimait en marge du troisième Forum russo-africain, organisé les 28 et 29 octobre 2026 à Moscou. Le développement de ces exportations pourrait contribuer à diversifier les échanges commerciaux entre les deux pays dans le secteur agroalimentaire.
Une capacité de transformation importante, mais des exportations encore limitées
La Tunisie dispose d’un tissu industriel composé d’environ 26 unités de transformation de tomates. Au cours des dix dernières années, les quantités de tomates fraîches transformées ont atteint en moyenne 750.000 tonnes par an, permettant de produire près de 120.000 tonnes de concentré de tomates double concentration, selon les données du Groupement interprofessionnel des conserves alimentaires (GICA).
Ces volumes placent la Tunisie parmi les pays actifs dans la transformation industrielle de la tomate à l’échelle mondiale. Les États-Unis, notamment la Californie, la Chine et l’Italie concentrent à eux seuls 58% des quantités transformées dans le monde. Ils sont suivis par l’Espagne, la Turquie, l’Iran, le Portugal, le Brésil et la Tunisie.
Toutefois, la majeure partie de la production tunisienne est absorbée par le marché intérieur, qui consomme environ 100.000 tonnes de concentré double concentration chaque année. Les exportations restent principalement orientées vers la Libye, qui représente près de 70% de leur valeur, ainsi que vers la France.
La filière dispose également d’infrastructures industrielles permettant de répondre aux exigences de marchés extérieurs. Sept unités sont notamment équipées de lignes de conditionnement aseptique, une technologie qui permet de conserver le concentré dans des emballages stériles et de le protéger contre les contaminations microbiologiques. Leur capacité de transformation atteint 5.000 tonnes de tomates fraîches par jour.
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Dans ce contexte, le marché russe pourrait offrir une possibilité de diversification, notamment pour les produits destinés aux professionnels de l’agroalimentaire. Les sauces pour pizzas constituent ainsi un segment à prospecter, au-delà du concentré de tomates traditionnel.
Les exportations vers la Russie progressent de 14%
L’intérêt pour ce marché intervient alors que les échanges commerciaux tuniso-russes enregistrent une évolution positive. Les exportations tunisiennes vers la Russie ont progressé de 14% durant les neuf premiers mois de 2026, pour atteindre 32,4 millions de dinars, selon les données du bureau du Cepex à Moscou.
L’huile d’olive et les dattes figurent actuellement parmi les principaux produits tunisiens commercialisés sur ce marché. Les produits issus de la transformation de la tomate pourraient venir compléter cette offre, alors que les industries agroalimentaires représentent déjà 70% des exportations tunisiennes vers la Russie.
Pour accompagner cette démarche, le Cepex et l’ambassade de Tunisie à Moscou misent sur un accompagnement direct des exportateurs et une meilleure identification des besoins des opérateurs russes. L’objectif est de transformer les opportunités commerciales repérées en contrats concrets avec les producteurs et industriels tunisiens.
