Le projet d’extension de l’entrée sud de Tunis enregistre un taux d’avancement de 92 % pour son deuxième lot et les travaux d’installation d’un mur antibruit destiné à limiter les nuisances sonores pour les habitants des zones riveraines se poursuivent. Au-delà de l’élargissement de la chaussée, cet équipement met en lumière un enjeu souvent moins visible des grands projets routiers : la qualité de vie des populations qui vivent à proximité des axes à forte circulation.
Le mur antibruit figure parmi les composantes du deuxième lot du projet d’extension de l’entrée sud de la capitale, qui vise à faire passer la route de deux à quatre voies. Lors d’une visite d’inspection effectuée lundi 19 octobre 2026, le ministre de l’Équipement et de l’Habitat, Salah Zouari, également chargé de la gestion du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, a constaté l’avancement de son installation.
Un mur pour atténuer le bruit du trafic
Ce dispositif a pour objectif de réduire l’exposition des riverains au bruit généré par la circulation routière, particulièrement sur les axes où le trafic est dense et continu. Les moteurs, les accélérations, les freinages et le roulement des pneus sur la chaussée constituent autant de sources de nuisances sonores susceptibles d’affecter le quotidien des habitants.
Le principe d’un mur antibruit consiste à interposer un obstacle entre la source sonore, en l’occurrence la circulation, et les habitations exposées. En interrompant la propagation directe du son, cette barrière peut en atténuer une partie. Son efficacité dépend notamment de sa hauteur, de sa longueur, de ses propriétés acoustiques, de la distance qui la sépare de la route et des bâtiments à protéger, ainsi que de la configuration des lieux.
Il ne s’agit toutefois pas de supprimer totalement le bruit. Les sons peuvent notamment contourner les extrémités du mur ou se propager au-dessus de celui-ci. Les résultats varient donc selon les caractéristiques du dispositif et l’environnement dans lequel il est installé.
La réduction du bruit routier constitue un enjeu qui dépasse le simple confort. Une exposition prolongée à des niveaux sonores élevés peut perturber le sommeil, accroître la gêne quotidienne et contribuer au stress. Les nuisances sonores liées aux transports sont également associées à des effets sur la santé, notamment en matière de sommeil et de risques cardiovasculaires.
Un enjeu de santé et de qualité de vie
Dans les quartiers traversés ou bordés par de grands axes, la question se pose avec une acuité particulière : l’amélioration de la fluidité du trafic ne suffit pas, à elle seule, à garantir une amélioration des conditions de vie des habitants. Les infrastructures doivent aussi prendre en compte les conséquences de la circulation sur les populations installées à proximité.
Le mur antibruit constitue ainsi une mesure de protection complémentaire à l’aménagement routier. Son intérêt réel dépendra néanmoins de son efficacité acoustique une fois les travaux achevés. Aucune donnée chiffrée sur sa longueur, son coût ou le niveau de réduction sonore attendu n’a été communiquée dans les informations rendues publiques à l’occasion de la visite ministérielle.
Lire aussi : Entrée sud de Tunis : Nouvelle phase de travaux à Jebel Jelloud dès le 13 octobre
Le mur antibruit s’inscrit dans un chantier plus large visant à améliorer la circulation sur l’entrée sud de Tunis. Le projet prévoit le passage à quatre voies par sens sur les sections concernées, ainsi que le réaménagement de plusieurs échangeurs afin de faciliter les déplacements entre le centre de la capitale, les quartiers de la banlieue sud et les axes reliant Tunis aux autres régions du pays.
Selon une fiche officielle du ministère des Finances consacrée au projet, son coût initial était estimé à 403,2 millions de dinars. Le financement prévisionnel reposait sur une contribution de 136,4 millions de dinars du budget de l’État et un prêt de 266,8 millions de dinars de la Banque européenne d’investissement. Ces montants correspondent à l’estimation initiale du projet et ne constituent pas nécessairement son coût final actualisé.
Un projet à 92 % d’avancement
Lors de sa visite du 19 octobre, Salah Zouari a également suivi l’avancement de la réalisation de la couche de roulement en béton bitumineux BB 0/14 sur la route régionale n°22. Il a constaté que le nouveau pont menant vers Bab Alioua et Lacania était prêt, tandis que le taux global d’avancement du deuxième lot atteignait 92 %.
Le ministre a appelé à accélérer l’achèvement des différentes composantes dans les délais prévus. Il a également insisté sur la nécessité de poursuivre les plantations d’arbres et l’aménagement paysager, afin d’intégrer davantage les considérations environnementales au projet.
À l’approche de la fin du chantier, l’enjeu sera donc double : améliorer les conditions de circulation à l’entrée sud de la capitale et s’assurer que les aménagements prévus, notamment le mur antibruit, contribuent effectivement à réduire les nuisances subies par les riverains.