La Tunisie prévoit de porter la part des énergies renouvelables dans son mix électrique de 12% en 2026 à 16% en 2027. Le projet de Budget économique 2027 mise sur la mise en service de deux installations, le lancement d’une centrale solaire de 300 MW avec stockage par batteries à Kébili et un programme de 500 MW d’autoproduction. Un calendrier ambitieux, alors que le système électrique reste largement dépendant du gaz naturel.
Khnabna et l’éolien attendus en exploitation
Le projet de Budget économique 2027, élaboré par le ministère de l’Économie et de la Planification, fixe une nouvelle étape dans la progression des énergies renouvelables. Le document, daté du 3 octobre 2026, prévoit une hausse de quatre points de leur part dans le mix électrique en un an. Cet objectif repose notamment sur l’avancement de projets de production dont la concrétisation doit contribuer à diversifier les sources d’électricité.
Parmi les principales échéances figure l’entrée en exploitation de la centrale de Khnabna, d’une puissance de 198 mégawatts (MW). Un parc éolien de 77 MW doit également être mis en service en 2027. Le calendrier ministériel prévoit, en parallèle, la poursuite des procédures contractuelles et de validation des projets attribués sous le régime des concessions.
Ces échéances correspondent à des mises en exploitation attendues, et non à des capacités dont la production serait déjà acquise. Leur contribution effective dépendra du respect du calendrier annoncé et de leur raccordement au réseau électrique.
Bazma : 300 MW solaires avec stockage par batteries
Le projet le plus notable concerne Bazma, dans le gouvernorat de Kébili, où le démarrage des travaux d’une centrale solaire de 300 MW est programmé pour 2027. L’installation doit être équipée d’un système de stockage de l’électricité par batteries.
Cette composante apporte une dimension supplémentaire au développement du solaire : le stockage doit permettre de conserver une partie de l’électricité produite pour la restituer lorsque les besoins du réseau le nécessitent. Il peut ainsi contribuer à améliorer la flexibilité du système, même si son efficacité dépendra notamment de la capacité de stockage installée et des conditions d’exploitation.
Le document ministériel prévoit également de poursuivre les projets issus de la cinquième ronde du régime des autorisations. Sur les 288 MW programmés dans ce cadre, environ 60 MW avaient été réalisés et raccordés au réseau selon le bilan présenté.
455 MW autorisés et 500 MW d’autoproduction
En parallèle des grands projets, le gouvernement prévoit de poursuivre la sixième ronde du régime des autorisations, qui représente une capacité totale de 455 MW. Les projets retenus doivent encore franchir les étapes nécessaires à leur réalisation et à leur raccordement.
L’enjeu dépasse ainsi la multiplication des centrales. Pour atteindre 16% en 2027, la Tunisie devra transformer les capacités programmées en installations opérationnelles, tout en renforçant le réseau pour intégrer leur production. Le document fixe une trajectoire ; sa concrétisation dépendra du rythme réel des chantiers et des raccordements.
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