Le président de la République, Kaïs Saïed, a dénoncé la hausse des prix et les pratiques spéculatives touchant plusieurs produits de consommation, notamment les dattes, la volaille et les eaux embouteillées. Lors d’une réunion tenue vendredi 6 novembre 2026 au palais de Carthage, il a notamment affirmé que le kilo de dattes était vendu par les agriculteurs à un prix ne dépassant pas un dinar, alors que les prix pratiqués sur les marchés sont nettement supérieurs.
Le président de la République, Kaïs Saïed, a reçu vendredi 6 novembre au palais de Carthage la cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, le ministre de l’Intérieur, Khaled Nouri, et le ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid.
Selon un communiqué de la Présidence de la République, cette rencontre a principalement porté sur la hausse des prix et les pratiques de monopole et de spéculation que le chef de l’État dénonce dans plusieurs circuits de distribution.
Kaïs Saïed a particulièrement évoqué la situation des producteurs de dattes, affirmant que le kilogramme était vendu par les agriculteurs à un prix ne dépassant pas un dinar, malgré les difficultés de la récolte et les risques encourus par les travailleurs dans les palmeraies.
Il a également dénoncé les entraves à la distribution des engrais et des semences, estimant que ces pratiques pénalisent les agriculteurs et menacent la production nationale.
Des dattes à un dinar chez certains producteurs, à plus de dix dinars sur les marchés
Les déclarations présidentielles interviennent en pleine campagne de récolte 2026-2027, dans un contexte marqué par d’importants écarts de prix selon les variétés et les circuits de commercialisation.
Selon les données communiquées en septembre par le Commissariat régional au développement agricole de Tozeur, les prix de vente sur pied variaient entre 800 millimes et un dinar le kilogramme pour les variétés autres que Deglet Nour. Pour cette dernière, ils se situaient entre 1,500 et 2,800 dinars.
À la collecte destinée à l’exportation, les prix de référence fixés pour la campagne 2026-2027 sont plus élevés : 3,100 dinars pour la Deglet Nour standard de première catégorie, 4,500 dinars pour la Deglet Nour branchée de première catégorie et 5,200 dinars pour la catégorie Extra.
Ces tarifs, établis selon des critères précis de qualité, ne correspondent toutefois pas nécessairement aux montants perçus directement par les agriculteurs.
Sur les marchés de détail, les prix peuvent dépasser dix dinars le kilogramme.
Ces différents prix ne portent pas toujours sur des produits et des conditions de commercialisation comparables. Ils illustrent néanmoins les écarts observés tout au long de la filière.
Au-delà des dattes, Kaïs Saïed a dénoncé les variations soudaines de prix et les disparitions inexpliquées de certains produits des marchés. Il a notamment cité la langouste, la volaille et les eaux embouteillées, accusant certaines parties de chercher à créer des pénuries artificielles pour provoquer une augmentation des prix.
Le président a appelé à mettre fin à ces pratiques et à engager la responsabilité des personnes qui en seraient à l’origine.
Les déchets et les importations également évoqués
La réunion a également porté sur la propreté publique et les difficultés liées à la collecte des déchets.
Kaïs Saïed a demandé que les opérations de ramassage soient intensifiées et organisées de manière régulière, sans interruption, afin d’éviter que les ordures ne s’accumulent pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois.
Il a estimé que certaines situations pouvaient être volontairement entretenues pour alimenter les tensions sociales, appelant à identifier les responsabilités et à appliquer la loi à tous, sans distinction, y compris aux responsables publics.
Le chef de l’État est également revenu sur les dépenses consacrées à l’importation de produits de luxe, jugeant contradictoire d’invoquer le manque de ressources financières de l’État tout en consacrant des sommes importantes à ces importations.
Il a réaffirmé la nécessité de garantir aux Tunisiens l’accès aux produits de consommation à des prix abordables et de lutter contre les pratiques qui portent atteinte à leur pouvoir d’achat.
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