Les recettes fiscales de l’État tunisien devraient atteindre 49,6 milliards de dinars en 2027, en hausse de 4,7% par rapport aux prévisions de 2026, selon un rapport du ministère des Finances relatif au projet de loi de finances 2027. Elles représenteraient 91,4% des recettes budgétaires prévues, confirmant leur poids prépondérant dans les ressources de l’État.
Les impôts indirects en tête des recettes fiscales
Les impôts indirects devraient générer 28,69 milliards de dinars en 2027, soit une progression de 5% sur un an. La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) constituerait la principale composante de ces recettes, avec 13,223 milliards de dinars attendus, en hausse de 4,2%.
Les droits de douane devraient, pour leur part, atteindre 2,7 milliards de dinars, soit une augmentation de 7,7%, en lien avec l’évolution attendue des importations. Les recettes issues des divers impôts et taxes sont estimées à 8,177 milliards de dinars, en progression de 6,7%.
Le droit de consommation devrait rapporter 4,59 milliards de dinars, en hausse de 2,6%. Cette évolution serait toutefois atténuée par le recul attendu des recettes de la taxe sur les automobiles, dans un contexte marqué par l’intérêt croissant pour les véhicules électriques et hybrides bénéficiant d’avantages fiscaux.
L’impôt sur le revenu en hausse de 5,3%
Les impôts directs devraient progresser de 4,2% pour atteindre 20,91 milliards de dinars en 2027. L’impôt sur le revenu représenterait 14,404 milliards de dinars, soit une hausse de 5,3%, notamment sous l’effet de la deuxième tranche des majorations salariales prévues dans les secteurs public et privé.
Les recettes de l’impôt sur les sociétés non pétrolières sont estimées à 5,33 milliards de dinars, en progression de 2,4%. Celles provenant des sociétés pétrolières devraient rester quasiment stables, à 1,176 milliard de dinars, soit une hausse limitée de 0,4%.
Selon les prévisions du ministère des Finances, l’augmentation attendue de 29% de la production nationale de pétrole et de gaz serait compensée par le recul du prix du baril de Brent, estimé à 80 dollars en 2027, contre 90 dollars en 2026.
Les recettes non fiscales estimées à 4,33 milliards de dinars
En dehors des recettes fiscales, l’État prévoit de mobiliser 4,33 milliards de dinars de recettes non fiscales en 2027. Les revenus de participation sont estimés à 1,438 milliard de dinars, dont 910 millions provenant des bénéfices de la Banque centrale de Tunisie (BCT) et 303 millions de l’Entreprise tunisienne d’activités pétrolières (ETAP).
La redevance liée au gazoduc algérien devrait rapporter 1,211 milliard de dinars. À l’inverse, les revenus tirés de la commercialisation du pétrole reculeraient de 9%, à 658 millions de dinars, sous l’effet de la baisse attendue des cours.
Le gouvernement prévoit également d’améliorer la gestion du domaine de l’État et de restructurer des entreprises publiques stratégiques, notamment dans le secteur des phosphates, afin de renforcer les recettes non fiscales.
Ces prévisions s’inscrivent dans un projet de budget 2027 qui table sur 54,28 milliards de dinars de recettes totales, dons compris, pour 68,895 milliards de dinars de dépenses, soit un déficit budgétaire prévisionnel de 14,615 milliards de dinars.
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